« Médias et France Insoumise: pourquoi tant de haine? »

Les rapports entre les médias et La France insoumise ne sont pas un long fleuve tranquille. Invectives de part et d’autre, soupçons de traitement déséquilibré de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, stratégies de contournement par la création d’une chaîne YouTube indépendante, scènes de séduction puis reprise des hostilités… Pourquoi ce mouvement n’est-il pas un parti comme les autres pour les grands médias français ? Pour en discuter, je reçois cette semaine dans « La guerre des idées » Charlotte Girard, co-responsable de « L’avenir en commun », le programme de La France insoumise pour la dernière présidentielle. L’émission est à retrouver ici sur le site Là-bas si j’y suis.

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Après « le bruit et la fureur » de la campagne de 2012, stratégie concertée pour percer le mur du silence médiatique, aux dires de certains responsables du mouvement, ce dernier semble s’être davantage inspiré des stratégies de Podemos ou du démocrate Bernie Sanders. Reste le dénigrement quasi systématique d’un Jean-Luc Mélenchon présenté comme pro-russe, pro-dictateurs sud-américains, mauvais perdant, irresponsable « ni-niste », et on passe. La faute à l’irascibilité d’un candidat, habitué à souffler dans les bronches des stars de l’info et autres reporters de terrain, comme ceux-ci s’en plaignent souvent ? L’effet d’une presse entièrement passée sous la coupe du CAC 40, qui défend les intérêts d’une classe et de ses propriétaires ? Il est certain qu’à peu près partout dans le monde, il est rare de voir les médias ménager un radical dès lors qu’il s’approche trop près du pouvoir.

 

3 réflexions sur “« Médias et France Insoumise: pourquoi tant de haine? »

  1. Denis

    Étant complètement d’accord avec Jacques Rancière, je ne pense pas que « France insoumise » soit mal aimée des médias dominant, elle serait plutôt « l’opposant utile » pour que rien ne change.
    L’élection présidentielle est bien l’outil pour tenir à distance le peuple, ce qui semble bien fonctionner, « les gens », comme dit un candidat à cette élection, se sont abstenus, j’en suis.
    Faisant partie de ceux qui manifestent et chantent « l’Internationale », je n’ai pas besoin de tribun et j’ai appris que le travail de conviction est un long et difficile corps à corps…

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  2. Ed

    Les paroles de l’Internationale sont « il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni césar, ni tribun ». En logique, on peut traduire par « avoir un sauveur n’est pas nécessaire ni suffisant », ça ne dit rien sur l’avantage qu’il peut exister à avoir un tribun. Car il y a des avantages certains à disposer d’un tribun: mettre en mots requiert du talent, ça se traduit par des effets positifs de conviction, de galvanisation des auditeurs. Pour que les paroles de l’Internationale restent justes, il faut et il suffit que le tribun ne soit pas ou ne devienne pas « suprême ». C’est le mot-clef de cette phrase et sa beauté. La liberté n’est pas la liberté si elle est donnée par en haut, par un autre que soi, dieu, maître ou représentant. Elle se gagne, elle s’éprouve, c’est là qu’est la suprématie. Pour moi il n’y a pas d’incohérence entre chanter l’Internationale et profiter du tribun Mélenchon. C’est très cohérent.

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